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Tempêtes sur le mariage Jeff Fountain
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A l’approche de la Saint-Valentin, au cœur de MarriageWeek, la semaine du mariage, dans plusieurs pays européens, la tempête fait rage autour des questions du mariage et du divorce dans tout notre continent.

Le parlement britannique a voté cette semaine sur un projet de loi pour les couples de même sexe, accepté par 400 voix contre 175. Malgré le fait que près de la moitié de son parlement ait voté contre le mariage gay, le premier ministre David Cameron a déclaré qu’il était fier que l’amour entre un couple de même sexe soit maintenant considéré sur un pieds d’égalité par rapport aux couples hétérosexuels. Cela dépend de qui considère les choses, bien sûr.

De l’autre côté de la Manche, à Paris, une foule estimée à 1,2 millions de personnes a manifesté contre le projet de loi sur le mariage pour tous du président François Hollande.

Les manifestants affirment ne pas être homophobes, mais contre la légalisation de l'adoption gay, qui revient à l'éclatement de la famille traditionnelle. Les enfants, disent-ils, ont un droit fondamental à avoir un père et une mère. L'opposition affirme que ce changement radical dans la société ne doit pas être ainsi précipité.

Les partisans de la loi font valoir que le mariage devrait être un simple contrat entre deux personnes et devrait être disponible pour tous les couples qui veulent établir un tel contrat.

Un évangélique britannique de premier plan a récemment provoqué de grandes vagues en adoptant le point de vue que l'essence du mariage, c'est la fidélité, et non la relation hétérosexuelle.

Bigoterie

Ces développements ont suscité d’innombrables discussions en familles, entre amis et entre collègues. Les réactions épidermiques ou le silence intimidé sont des réponses communes. Les chrétiens qui veulent rester fidèles à leur compréhension de l'enseignement biblique sur le mariage comme étant exclusivement entre un homme et une femme se retrouvent de plus en plus sur la défensive. Même un désaccord poli et une opposition à l'approbation du mariage homosexuel sont considérés comme du sectarisme et de l'intolérance.

Et c'est là un des aspects les plus inquiétants. La liberté de parole et d'expression sur cette question est piétinée par les nouvelles idéologies sexuelles. Voltaire, le philosophe français des Lumières qui a défendu la tolérance contre le fanatisme et la tyrannie, est souvent cité comme disant: «Je désapprouve ce que vous dites, mais je défendrai jusqu'à la mort votre droit de le dire.» Les chercheurs nous disent maintenant ce ne sont probablement pas ses mots, mais ceux de son biographe qui résument son attitude. Cependant, la «tolérance» d'aujourd'hui exige un accord total, pas l'accord d'être en désaccord.

Quelque chose que Voltaire a dit, c'est «... le chemin le plus sûr est de ne rien faire contre sa conscience». Mais c'est exactement ce que les fonctionnaires, les infirmières et les médecins sont obligés de faire face à la menace de perdre leur emploi. (Il a aussi dit qu’il est dangereux d'avoir raison lorsque le gouvernement a tort.)


Différences

Ces questions nous obligent tous à lire et à réfléchir plus profondément. Un ouvrage récent, Qu'est-ce que le mariage?, reconnaît que les relations homosexuelles ont beaucoup de similarités avec les relations hétérosexuelles, mais souligne que ce sont les différences qui comptent. Les rapports sexuels entre un homme et une femme se distinguent fondamentalement des rapports sexuels entre personnes du même sexe. Les auteurs, dont le professeur de droit de Princeton Robert P. George, que le New York Times présente comme «le penseur chrétien conservateur le plus influent d’Amérique», montrent que le mariage hétérosexuel est une pierre angulaire de la civilisation occidentale et un fondement de la stabilité de la société rationnellement défendables.

S’appuyant sur des études des think tank de gauche comme de droite, ils concluent que les enfants élevés dans des familles intactes dirigées par deux parents biologiques s'en sortent mieux dans les domaines de la réussite scolaire, de la santé émotionnelle, du développement familial et sexuel, et du comportement en tant qu’enfants et en tant qu’adultes. Ils concluent également que les personnes à bas revenu sont les plus durement touchées par une culture du mariage en perdition.

Aux Pays-Bas, une étude sur le coût du divorce pour la nation vient d'être publiée par la Semaine nationale du mariage et vient confirmer ces conclusions. Le coût des mariages brisés aux Pays-Bas s'élève annuellement à deux milliards d'euros. Ceci inclut le comportement criminel des enfants issus de foyers brisés, les aides gouvernementales aux foyers monoparentaux et les revenus perdus en raison de l'absentéisme résultant de divorce. Quelques 160.000 femmes et 100.000 enfants risquent la pauvreté suite à un divorce, révèle l'étude.

Qui peut prévoir les conséquences de la dynamique actuelle dans le monde occidental visant à redéfinir l'institution séculaire du mariage?
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